[vidéo] Japan in Motion saison2 #2 (2/2)


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Matsue (NOLIFE SE02 #2)

Matsue 松江
La ville de Matsue s'étend de part et d'autre de la rivière Ohashi Gawa reliant le lac Shinji à la lagune Naka no Umi et débouchant sur la mer intérieure.
Tandis que la rive droite de la capitale de Shimane compose la ville moderne, la gauche regorge des sites historiques et trésors culturels de l'ancienne cité féodale, en rapport direct avec les mythes et légendes du Japon d'antan.
Trois ponts relient les deux hémisphères. Le charme unique de cette ville propre à ravir les visiteurs étrangers avait déjà conquis le cœur de l'écrivain irlandais Lafcadio Hearn (1850-1904), l'un des premiers occidentaux a avoir été naturalisé sous le nom de Yakumo Koizumi.

Le château de Matsue- 松江城- a été construit en 1611 sous les ordres du seigneur Yoshiharu Horio puis, légué au clan des Matsudaira en 1638.
Surnommé le « Château noir » ou encore « Château du pluvier » de part son austérité, c'est davantage une forteresse défensive qu'une simple résidence.
On y accède en empruntant un sentier longeant les portes Oto-Mon et Ôtekido-Mon où se trouvent notamment les écuries. Se succèdent ensuite les deuxième et troisième enceintes dont la Nino-Mon, avant d'atteindre enfin la quatrième et dernière nommée la Ichino-Mon donnant directement sur le donjon.
Construit en l'espace de 5 ans et comportant 4 étages, il a traversé les âges, résistant aux guerres, incendies et intempéries, veillant solennellement sur la cité de l'eau.
À l'intérieur, vous pouvez faire chanter les lames du parquet en admirant l'impressionnante collection d'armures de samouraïs ainsi que des objets du quotidien de l'époque.
Aux pieds du château s'étend le parc Jozan où se dissimulent de petits temples et sanctuaires aux détours des allées. Les compositions de cerisiers et d'érables magnifient le lieu en toute saison mais, c'est sans aucun doute une atmosphère pluvieuse qui sublime au mieux l'aura majestueuse du donjon avec la profondeur verte des pins.

Ruelles Shiomi Nawate 塩見縄手・ Bukeya Shiki武家屋敷

Au nord des douves se trouve la ruelle Shiomi Nawate, bordée d'un côté par la rivière et de l'autre par le quartier des anciennes résidences samouraïs dont la fameuse Buke Yashiki.
Datant de 1730 et comportant une quinzaine de pièces, on peut y constater le contraste flagrant existant entre la simplicité des pièces servant à l'usage quotidien et la magnificence du salon de réception des invités et hôtes de marques. Une scénette reproduit l'exemple d'un entretien entre le maître des lieux et un disciple.

Maison de thé Meimei An 明々庵

À 200m environ de la résidence, en surplomb sur une petite colline dominant le vieux quartier, se trouve la célèbre maison de thé Meimei An.
Construite en 1779, elle est classée trésor du patrimoine national.
Ceinte d'un petit jardin appelant au repos des sens, c'est un minuscule pavillon à l'allure dépouillée. De style architectural Irimoya-Zukuri, son toit de chaume souligne la simplicité de l'art de vie Zen. Matsudaira Harusato (1751-1818), seigneur du milieu de l'ère d'Edo et 7ème Daimyo de Matsue, se reconvertit dans l'art de la cérémonie du thé et se fit appeler Matsudaira Fumai.
Il est notamment reconnu pour avoir finalisé les codes de la voie du thé en ce lieu.
Vous pourrez vous aussi profiter d'un instant d'éternité en y savourant le puissant arôme d'une tasse de matcha accompagné d'un gâteau traditionnel.

Wagashi, bouchée de poésie 和菓子

Contrairement à la pâtisserie française, symbole de gourmandise, le Wagashi n'est pas un dessert mais un véritable raffinement empreint de poésie et délicat hommage à la nature.
Célébrant le fils des saisons en se déclinant sous une multitude de saveurs et de textures, leur apparence ravissant les sens en font une authentique œuvre d'art pour le plaisir des yeux autant que des papilles. Le terme Wagashi 和菓子employant les caractères -wa – et -kashi-, peut se traduire littéralement par « gâteaux japonais », par opposition aux Yôgashi 洋菓子ou « gâteaux occidentaux ».
Son origine est très ancienne et est fortement liée au bouddhisme et à la riziculture. En effet, ce serait aux environs de 550 que les coréens auraient partagé leur coutume de confection de gâteaux de dévotion à base de riz tel que le mochi ou les dango.
Sous l'ère Heian (794-1185), la tradition se développa et devint une offrande aux divinités et ancêtres puis, se transforma peu à peu en un art à part entière.
Avec l'arrivée au 16ème siècle des portugais, de nouveaux ingrédients furent introduit dans leur confection tel que le sucre et les œufs.
Sous l'ère d'Edo (1600-1868), ils devinrent une étape essentielle de la cérémonie du thé. Les ingrédients de base sont les farines de riz, de blé ou encore de soja, les haricots azuki et la pâte anko, le sucre de canne et l'eau.
Ils peuvent être classés en 4 grandes familles contenant elles-mêmes une multitude de sous-catégories.
-Les Yôkan, qui sont des pâtes de fruits gélifiées à l'agar-agar ou kanten. Ils sont particulièrement appréciés en été dégustés sous forme de tranches fraîches.
-Les Higashi, petits douceurs façonnées dans des moules et autres gâteaux secs. -Les Namagashi, en général à base de riz glutineux.
-Et enfin, les Yakigashi, viennoiseries fourrées à l'anko tel le fameux Momiji Manjû d'Hiroshima en forme de feuille d'érable.

La ville de Matsue est réputée pour son savoir faire et la finesse de ses Wagashi.
N'hésitez pas à visiter les ateliers des artisans et apprendre à confectionner vous-même ces petites bouchées empreintes de poésie pour ensuite les déguster à l'ombre d'un saule en contemplant un jardin zen ou les eaux calmes d'un lac.
Morgan

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